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 Émile Nelligan

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Humeur: Zen


MessageSujet: Émile Nelligan   Mar 12 Mai 2009 - 1:08

Le fou

Gondolar ! Gondolar !
Tu n'es plus sur le chemin très tard.

On assassina l'pauvre idiot,
On l'écrasa sous un chariot,
Et puis l'chien après l'idiot.

On leur fit un grand, grand trou là.
Dies Irae, Dies illa.


Émile Nelligan

Poète québécois, fils d'un père irlandais et d'une mère (québécoise) canadienne-française, né à Montréal.
(24 déc. 1879 -- id., 18 nov. 1941).
Dès ses premières années, Nelligan sombre dans une profonde mélancolie.
Il ne peut s'astreindre à des études suivies.
À partir de seize ans, il publie dans divers journaux des poèmes d'une inspiration étrange, morbide, mais géniale, à la fois parnassienne et symboliste.
À dix-neuf " sombré dans l'abîme du rêve ", il est hospitalisé dans une maison de santé.
Mis à la porte de la retraite, 25 ans plus tard, par faute de pension non payée, il se rend de lui-même à l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu (asile d'aliénés) et reprend sa vie de pensionnaire (d'assisté social) et ses rêveries.
L'hôpital lui confie plusieurs responsabilités démontrant ainsi la confiance qu'on avait en lui et en ses facultés.

" Je suis coupable, je suis coupable de poésie "...

Destin tragique !
100 ans plus tard, on aurait dit de lui qu'il était original et non pas qu'il était fou !
" C'est qu'en cette Nouvelle-France, il avait réussi, à son insu, bien sûr, à devenir le premier d'une longue lignée de poètes maudits. Mais chez nous, la spécificité de la malédiction vient du fait que le poète ainsi mis à l'écart l'est non pas par la société, - elle n'a que faire de la poésie, - mais par ses propres pairs, les poètes eux-mêmes, qui, de bas acabit, cherchent sans cesse à abattre l'arbre qui fait ombrage à leur forêt. "
Référence: Bernard Courteau, Nelligan n'était pas fou.

Nelligan est sans contredit le poète national du Québec.
Son œuvre est celle d'un adolescent déchiré.
Sa poésie reflète un cœur prématurément meurtri et une sensibilité exacerbée.
Trois de ses poèmes résument l'essentiel de son destin d'homme et d'artiste: La Romance du vin, Le Vaisseau d'or et Devant deux portraits de ma mère.
Grâce à ses formes d'expression originales, l'œuvre de Nelligan marque une étape importante dans l'histoire de la poésie canadienne-française.

Ses œuvres seront rassemblées par Louis Dantin et publiées en 1904.
D'autres éditions suivront en 1925, en 1932 et en 1945.
En 1952, Luc Lacourcière publie une édition critique de l'œuvre de Nelligan.
Deux éditions de luxe paraissent en 1967 et en 1979.

Autobiographie

Aujourd'hui, on me louange et on crie à mon génie, mais dans mes années de création, on me traitait de névrosé et j'en passe.
Je me nomme Émile Nelligan.
Je suis un poète du 19e siècle né en 1879.
Dans cette courte biographie, je partagerai avec vous l'histoire de ma jeunesse tourmentée, ma personnalité névrosée, ma carrière poétique et les courants littéraires auxquels j'adhère.

Note: Vous trouverez la suite de cette autobiographie si agréable à lire, sur le site :Nelligan.


Toutes les ambitions sont légitimes, excepté celles qui s'élèvent sur les misères ou les crédulités de l'humanité.
[Joseph Conrad]

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Dernière édition par Fondateur le Mar 12 Mai 2009 - 2:30, édité 1 fois
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Humeur: Zen


MessageSujet: Re: Émile Nelligan   Mar 12 Mai 2009 - 1:27

Le vaisseau d'or

Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l'or massif :
Ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues;
La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues,
S'étalaient à sa proue, au soleil excessif.

Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
Dans l'océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.

Ce fut un Vaisseau d'or, dont les flancs diaphanes
Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.

Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ?
Qu'est devenu mon cœur, navire déserté ?
Hélas! Il a sombré dans l’abîme du Rêve !


Toutes les ambitions sont légitimes, excepté celles qui s'élèvent sur les misères ou les crédulités de l'humanité.
[Joseph Conrad]

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